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L'Onde
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Variations autour du ténébrisme

Sam 22 Jan / Dim 20 Mar / Rue traversante
avec Martine Aballéa, Rebecca Bournigault, Karl Holmqvist, Mïrka Lugosi, Michael & Florian Quistrebert, Anne Laure Sacriste, Julien Sirjacq et Jean-Luc Verna

Un accrochage de dessins et peintures dans la rue traversante de l’Onde donne un aperçu du ténébrisme dans la création contemporaine. Les œuvres présentées partagent une tonalité qui peut prendre sens par un recours aux potentialités imaginaires de l’obscurité. L’onirisme fantasmagorique de Mïrka Lugosi plonge un personnage masqué dans une sorte d’obscurité laiteuse. Avec la photographie Hôtel Titanic, Martine Aballéa soulève une inquiétante étrangeté renforcée par l’obscurité de ces lieux de passages (les hôtels, les boîtes de nuit) sont autant de parcours à suivre et de scènes à revivre. Un autre penchant pour la frayeur est celui que Rebecca Bournigault prolonge dans ses aquarelles. Ici l’envol d’une chouette s’affiche comme la réminiscence d’une illustration de contes de fées. Ou le portrait du défunt chef d’orchestre Boris de Vinogradow, compositeur de la musique Spectrale, dont Julien Sirjacq a exhumé les archives et dont il actualise la biographie sous forme d’installations diverses. A moins que la nuit, propice à des rêveries, ne rejoue des formes de l’histoire de l’art, que ce soient avec les variations picturales géométriques, d’inspiration expressionnistes de Michael & Florian Quistrebert, ou avec la peinture de paysage romantique d’Anne Laure Sacriste, ou bien le réalisme cru d’un Caravage avec Happy Family de Jean-Luc Verna.
Il s’agit peut-être du goût partagé pour le noir qu’il faudrait invoquer pour justifier ces rapprochements, car, pour Karl Holmqvist, dont un mandala noir et blanc imprimé en gravure, complète la sélection, la couleur noire est « stylée et renvoie au texte, à l’idée que le tout de la réalité pourrait être vu comme une sorte d’écriture ou comme un acte de communication ». Alors peut-être le registre de l’obscurité n’est-il pas tant celui de la noirceur morale et du funèbre comme on le considèrerait trop rapidement, mais l’expression d’une clarté paradoxale qui assumerait son romantisme, prendrait acte de ses significations parallèles, affirmerait que la frontière entre visible et invisible n’est pas à ce point figée, que l’on ne pourrait pas penser son déplacement.