Les contes cruels
Villiers de l’Isle Adam
Lus par Carole Bergen
et Valérie Delbore
Les contes réunis par Villiers sont d’une grande diversité. Leur dénominateur commun est, selon l’auteur, la cruauté. En effet, Villiers y montre sans fard, avec cynisme parfois, les travers de ses contemporains qui semblent bien cupides (Virginie et Paul), sots et superficiels (La machine à gloire). Surtout, au travers de la plupart des Contes transparaissent un sens du tragique et une poésie conformes à leur auteur, aristocrate ruiné, dramaturge sans succès et amoureux du Beau.
Ami et admirateur de Villers de l’Isle Adam, Mirbeau a rassemblé ses contes dans un recueil en deux volumes, intitulé « Contes cruels ». Il entreprend de subvertir le genre : au lieu de rassurer et d’entretenir la bonne conscience de ses lecteurs bourgeois, il va les inquiéter et les obliger à « regarder Méduse en face ». L’humour grinçant et l’horreur qu’il affectionne n’ont rien de gratuit et servent au contraire à perturber le confort moral et intellectuel du lectorat pour le contraindre à réagir : tout vaut mieux que cette indifférence des troupeaux que l’on mène à l’abattoir... ou aux urnes.


